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Formation à l'entretien durable des espaces sportifs

27-09-2011_032 Les 28, 29 et 30 septembre 2011 s'est déroulée une nouvelle session de formation des agents de services espaces verts des communes de la vallée du Scorff. Proposée conjointement par le Syndicat du Scorff et le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT), elle avait pour thème l'entretien durable des espaces sportifs. 15 agents ont ainsi pu plancher aux côtés de Raymond Cloarec, le formateur, par ailleurs responsable des espaces verts et espaces sportifs de la ville de Saint Brieuc.


On ne le sait pas forcément, mais l'entretien des pelouses sportives comme des terrains stabilisés peut occasionner une dégradation de la qualité de l'eau du fait de la connexion des équipements concernés aux réseaux d'eau pluviale et donc au milieu naturel. Ces risques de contamination sont liés à :

  • la fertilisation, à base d'engrais minéraux ou organiques, qui n'est pas toujours raisonnée en fonction des besoins saisonniers des graminées constituant les pelouses. Les terrains étant pour la plupart drainé, les excès de fertilisants (azote, phosphore) sont rapidement conduit vers le réseau hydrographique ;
  • l'envahissement de certaines pelouses par les adventices qui est encore souvent résolu, au moins en partie, par l'emploi de désherbants sélectifs. Plusieurs études sur les transferts de produits phytosanitaires en milieu urbain, telle que celle menée à Vézin Le Coquet (35) entre 2000 et 2003, ont montré la rapidité et l'importance des fuites des produits appliqués après des épisodes pluvieux, même de faible ampleur ;
  • les maladies telles que le fil rouge ou les ronds de sorcières. La lutte passe là-encore parfois par des substances phytosanitaires ;
  • enfin, les attaques de parasites comme les tipules. Elles ont souvent été combattues avec des insecticides aux profils toxicologiques préoccupants, même s'ils aujourd'hui sont interdits d'usage sur les surfaces sportives.

Cette problématique environnementale est à concilier avec des exigences spécifiques à l'usage de ces espaces, le plus souvent dédiés au football : il s'agit en effet que le terrain soit le plus neutre possible pour le jeu, en terme de roulage, de rebond et de vitesse du ballon ou encore d'appui au sol des joueurs. Les agents chargés de l'entretien des espaces sportifs tentent de faire face à ces défis mais manquent souvent de connaissances agronomiques, de méthode et dans le cas des petites communes, du matériel adéquat.

La formation proposée par le Syndicat du Scorff et le CNFPT a alterné les visites de terrain à Gestel, Lorient et Inguiniel, et les apports théoriques en salle, sans oublier les nombreux échanges entre stagiaires. Elle avait pour principaux objectifs de :

  • montrer que la conception initiale d'un terrain influe sur son comportement face à la pratique des usagers et impose ses contraintes d'entretien,
  • connaître les normes qui régissent la création des terrains sportifs,
  • donner les bases agronomiques permettant de comprendre les échanges entre la plante et le support et de mieux gérer les besoins en fertilisation, en eau mais aussi en oxygène,
  • décrire toute la palette des interventions possibles sur un terrain et peser les avantages et inconvénient de chacune : fertilisation, aération, décompactage, roulage, arrosage, tonte, regarnissage...
  • savoir comparer les semences, les engrais, les matériels,
  • apprendre à diagnostiquer les problèmes rencontrés (maladie, parasitisme, mousses, plantes indésirables...) et adapter ses pratiques d'entretien en conséquence,
  • établir un tableau de bord annualisé des pratiques en fonction des périodes optimales pour chaque intervention,
  • donner les clés du dialogue avec les élus, les clubs et leurs joueurs permettant d'imposer des règles d'usage et surtout de non usage (importance de l'inter-saison notamment pour le regarnissage ou pour des opérations lourdes, ou interdiction de jeu lors de conditions climatiques extrêmes).

DSC00001 L'accent a ainsi été mis sur les solutions permettant de se passer de chimie : l'aération régulière des terrains engazonnés donne d'excellents résultats, notamment par exemple sur le plantain qui supporte mal d'être régulièrement "piqué". Les maladies comme le fil rouge se corrige par une fertilisation azotée adaptée. Au contraire, les ronds de sorcière témoignent d'un excès, qu'il est donc facile de corriger.
Les stagiaires ont aussi été avertis des pratiques induisant régulièrement des problèmes : excès de sable ou d'eau, tonte trop rase ou effectuées avec des outils mal affutés, roulage trop fréquent ou mal programmé, etc.

Sur terrains stabilisés, l'abandon des traitements herbicides semble plus aisé encore : il faut passer régulièrement en balayage ou avec un outil multi-combiné (griffe / rabot / rouleau / balais), en remontant les matériaux du terrain vers l'axe central pour éviter de l'appauvrir et de découvrir le fond de forme. Il est aussi possible de bricoler son propre outil tracté, à l'image de ce qui se pratique sur les stabilisés et allées de la ville de Saint Brieuc.

Photo_002 Les outils de désherbage mécanique sont aujourd'hui nombreux sur le marché et peuvent intervenir en complément du balahage / grattage régulier. Là-encore, il est primordial de s'assurer de ne pas faire remonter les éléments grossiers du fond de forme par un travail trop profond. La conception des stabilisés fait à ce titre souvent défaut et il faut alors envisager de recharger le terrain afin d'obtenir une épaisseur d'un minimum de 3 cm de sable compacté.

 

Enfin, les agents participants ont reçu une information complète sur un type d'équipement qui monte en puissance, en premier lieu dans les grandes collectivités : les gazons synthétiques. Initialement prévus pour remplacer les stabilisés, on les trouve de plus en plus souvent en remplacement de pelouses engazonnées, à l'image du terrain d'honneur de Ligue 1 au Moustoir à Lorient, que les stagiaires ont pu visiter. Si de telles installations semblent de prime abord séduisantes, la réalité est plus contrastée : les pelouses synthétiques nécessitent d'autant plus d'entretien (balayage, nettoyage, arrosage et même désherbage !) que le niveau de jeu est élevé. Leur fragilité impose des contraintes fortes en termes d'usage, de propreté, etc. Leur durée de vie varie de 5 à 10 ans, là-encore en fonction du niveau de jeu souhaité, avec des coûts de matériaux élevés, même si des aides sont actuellement au rendez-vous. Enfin, la dimension écologique reste mal évaluée : faisant le plus souvent appel à la chimie du pétrole pour la conception des moquettes et des billes de remplissage (le matériau le plus courant étant néanmoins à base de pneumatique recyclé), ces terrains sont aménagés en connexion directe avec le réseau pluvial des communes, sans régulation ni épuration. Les matières polluantes peuvent donc très vite transférer vers le milieu naturel, tout comme c'est le cas avec les gazons drainés. Enfin, la revalorisation des tapis usagés reste une complète interrogation.

DSC00009 De leur coté, les agents sont partagés : s'ils voient la possibilité de limiter des tâches gourmandes en temps (tonte, traçage...), ils n'oublient pas que les synthétiques mettent de côté la dimension première de leur métier : le jardinage. Pour le formateur enfin, il est important de ne pas céder à la tentation du tout synthétique mais de lui donner une place adaptée dans un panel d'équipements proposé certaines municipalités.

 


En conclusion, la formation à l'entretien durable des espaces sportifs a permis aux agents participants d'entrevoir une maintenance des équipements dont ils ont la charge sans le recours systématiques aux pesticides. Pour Raymond Cloarec, les traitements en plein avec les pulvérisateurs à rampe sont révolus au profit d'une gestion anticipée, manuelle s'il le faut, mécanique le plus souvent et ponctuellement chimique.

Les matériels permettant d'améliorer la qualité des terrains au fil de la saison de jeu comme en inter-saison sont pour certains simples et peu coûteux, à l'image de l'aérateur. D'autres ne sont pas à la portée de tous les budgets, surtout au vu de leur usage ponctuel. Les agents ont compris l'intérêt que représenterait des acquisitions mutualisées ou des prêts. Reste maintenant à mettre en oeuvre ces pratiques durables !

 

 

 

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